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Archive pour septembre 2012

Le roi des alchimistes : pris en otage !

En 13 mois de navigations et de découvertes tout azimut, nous en avons vu des alchimistes !

Rien qu’à bord, les deux garçons planchent sur la transformation du « Quartz de Pacaya » en « Diamants du Nil » ou du « Bronze de marine » en « Or en barre ».

A Tobago, SpeySide Bay, nous avions découvert comment transformer l’eau en gazole juste avant de nous ruer sur le robinet pour arrêter cette catastrophe. L’eau y était plus cher que le diesel, certes franchement cadeau.

Au Marin en Martinique, Caraïbes Gréement transforme chaque jour par centaine, de mini-billes de téflon de la taille de grains de poivre en monnaie sonnante et trébuchante : à un euros la bille, quand un chariot de mât en compte un demi-millier.

Au chantier Magdalena, le fils du très conciliant dirigeant Abel a repris les rennes depuis quelques années. Nous passons une bonne semaine de travaux, une attention de tout les instants nous permet même d’avoir des ouvriers pour travailler sur notre coque, sans quoi nous y serions encore.

Le samedi , nous remettons à l’eau, pressés de retrouver notre chez nous et de mettre ainsi un terme à une longue semaine d’hôtel et de restaurants dispendieux. Le bateau descend au raz de l’eau, mais le Travelift s’arrête juste avant qu’il ne flotte ! Panne moteur ? Problème majeur ? Non ! Le chef de chantier aux commandes nous indique qu’à ce stade nous devons nous rendre au bureau pour régler la facture ! Et c’est Boris qui s’y colle, loin d’imaginer la suite de l’aventure.

« Le fils Abel me reçoit dans son modeste bureau et me présente une facture identique aux prévisions. Le polishage du bateau, partiellement réalisé est facturé au tarif initial et le prix des fournitures est ajusté pour coller au devis, les jours non travaillés sont bien évidemment facturés…

Je proteste et me vois opposer un discours probablement rodé depuis longtemps :
– Xénophobe : Les français sont tous des râleurs et je suis le dernier qu’il accepte sur son terre-plein boueux. C’est sûr qu’on n’est pas des moutons et qu’on a du mal à payer un polishage 366$ alors que les gars ont travaillé au maximum 10 heures. Soit 36,6$ de l’heure, dans un chantier où les ouvriers sont payés 1200 Quetzal par mois. Soit 120 euros pour 8 heures de travail 6 jours sur 7, avec 15 jours de congés annuels !
– Dédaigneux : Notre bateau pourtant en très bon état, aux dires d’expert, ne méritait pas qu’il lui consacre le temps que ses ouvriers y ont passés. Sa méthode à lui c’est le sablage systématique, évidemment c’est plus cher. De plus, j’étais là pour vérifier que des ouvriers travaillaient effectivement sur mon bateau, à 20$/jours le stockage, il vaut mieux que cela avance !
– Vexé : Lorsque je lui demande une ristourne de 200$ qui me semble être le minimum nécessaire à une poursuite de la discussion, il m’accorde en pleurant un discount de 600Q soit 60 euros !
– Menaçant : A cours d’argument et voyant que je ne bouge pas de ma position, le commerçant me précise qu’ici nous sommes au Guatemala et que ses méthodes sont des « méthodes Guatémaltèques »… Je n’ose imaginé ce qui est sous-entendu, mais lui demande tout de même s’il s’agit là de menaces. Car ici, la « méthode guatémaltèque » s’affiche chaque jour dans les 6-7 premières pages des quotidiens : armes à feux et exécutions sommaires par dizaines.
– Rassurant : Il ne s’agit pas là de menaces, mais si je ne paye pas la facture qu’il refuse toujours de modifier, il nous remet à terre et augmente bien sûr, ses charges, des jours de stockage et de la mise à l’eau ratée, jusqu’à notre règlement ! Voici donc un des autres aspects de la « méthode guatémaltèque » : le kidnapping !
– Voyou : Une fois sa pensée précisée, les options qu’il me reste pour négocier sont faibles : PAYER. J’obtempère donc en jetant de dépit ma carte bleue sur son bureau poisseux. Sauf que ce bon monsieur ne prend pas la carte bleue ! Seulement du cash ! Voilà pourquoi aucune TVA ne figure sur la facture !
– Arrangeant : un ami à lui peut éventuellement prendre notre paiement en carte, moyennant 7% de frais : une « tradition guatémaltèque » ! C’est HORS DE QUESTION.
– Escroc : Les traveller’s chèques, achetés en France et jusqu’ici parfaitement inutiles, débloquent la situation. Mais nous n’en avons pas assez. Je calcule donc le taux de change appliqué pour répartir le montant entre Dollars et Quetzals. Celui-ci est de 7,65Q/$ au lieu des 7,98Q/$ sur le marché des devises… Encore 4,13% vite gagnés, il revoit son taux de mauvaise grâce à 7,90Q/$ ! Acceptant de modifier ce « taux de change guatémaltèque » bien différent du taux des marchés, au terme de 2h30 de négociations. »

Le fils Abel possèdent donc bien des cordes à son arc d’alchimiste. D’un coup de souris, il convertit ses ouvriers mayas en ingénieurs américains, une facture en gabegie, mais surtout et c’est là sa plus grande réussite : ses ex-clients en vaches à $ !

Chantier : Ne passez pas par la case « Départ »… Allez directement sur la case « Chantier »

Il faudra une semaine de travail pour faire de menues réparations et peindre les dessous de notre monture soit deux couches de cette peinture pleine de cuivre censée protéger notre coque de l’attaque des algues et des coquillages.

Bref, notre bateau fait peau neuve pendant que nous patientons à l’hôtel!

Les grands en profitent pour s’avancer dans leur travail scolaire toujours via internet. Keliane en profite pour peaufiner sa technique de retournage de restaurant entrecoupé de nage avec brassard. Silvia court après sa fille et soutient ses grands quand ils doutent de l’utilité du CNED, ce qui revient assez souvent quand même. Boris lave le bateau du sol au plafond, pour une fois qu’il l’a pour lui tout seul, effectue les réparations qui traînaient depuis des mois et vide finalement sa Todo List.

Les parents rêvent d’une salade, les enfants de retrouver leur monde… L’hôtel n’est pas une prison, loin de là, mais on est quand même mieux chez soi.

La balle d’Izabal !


Hasard du calendrier, l’Equipe de Voile Olympique du Guatemala participe à une régate organisée sur le lac Izabal à 2 milles de Fronteras. Ni une, ni deux, Eliott enfile son lycra, ses chaussons et rejoint le contingent de jeunes régatiers venu du lac Amatitlan pour en découdre.

Emiliano, le coach argentin parle italien, une chance pour Eliott qui a encore du mal en espagnol. L’entraînement se passe bien malgré les 6 mois qui nous sépare de Schoelcher, sa dernière régate et son dernier coup de stick.

Nous sommes intégrés comme des princes par l’équipe guatémaltèque : Eliott se voit prêter une voile plus adaptée ainsi qu’une coque moins abîmée pour régater à armes égales et papa se retrouve en Laser sans avoir rien demandé. Quel accueil !


3 jours de régates plus tard, nos deux garçons se sont vraiment bien amusés au sein d’un groupe très soudé. Ils sont même invités au centre d’entraînement national pour partager le quotidien des Perez, Hernandez ou Benett, champions en herbes qui naviguent 5 jours sur 7 depuis tout petit… C’est tentant !
Car ici, l’équipe est directement prise en charge par le gouvernement. Les coureurs issus des classes défavorisées (cet adjectif prend ici un sens tout particulier, le salaire « normal » peinant à atteindre les 200US$ mensuels) sont dès le plus jeune age détectés et pris en charge à 100% par un comité olympique qui ne lésine pas sur les moyens matériels et humains pour faire progresser ses ouailles.

Les pays, les langues, les concurrents, les méthodes de formation, les subventions aux coureurs changent, pas les résultats : Eliott claque la plupart des parcours devant les copains de 14-15 ans qui reviennent pourtant du championnat du monde ! Son résultat final restera handicapé par les 2 premières manches abandonnées sur casse matérielle, il finit donc second.

Sur le lac Izabal Eliott a la balle : Bravo Eliott !

El Chal : l’extrême opposé.

Sur la route du retour, nous nous arrêtons à El Chal sur les conseils d’un antédiluvien Lonely Planète pourtant estampillé 2012, sans savoir tomber sur un exact opposé.

À égale distance de la frontière mexicaine que son homologue Mayapan, le site attend depuis longtemps les autorisations nécessaires à son exploration. Enfouis dans la jungle, nous découvrons quelques tumulus entourant une vaste place au centre de laquelle trône une stèle gravée, immense mais ravinée par la pluie.

Du haut du temple principal, qu’il nous appartient d’imaginer, la jolie vue sur la campagne alentour est depuis longtemps bouchée par la canope.

Mayapan, petit mais dense, riche en gravure, en stèle, en peinture et largement restauré avec un incroyable précision du détail et de l’histoire, est loin. Nous sommes ici sur un site intact, « original » dit le garde champêtre qui a vite enfilé une chemise estampillée avant de nous rejoindre avec son registre sous le bras. « Original », tel que le découvrirent les premiers archéologues qui, au milieu du XIXeme siècle, vinrent ici fouiller et mettre à jour les ruines du défunt empire maya.

Tikal : just perfect.

Ce coup-ci, les mayas ont fait les choses en grand, en massif… Une tendance générale qui s’exprime ici dans la verticalité. Avec le jeune équipage de Roxana, nous sommes à pied d’œuvre dès le lever du soleil, prêt pour affronter les 10km de sentier qui vont nous conduire de temples en pyramides, de stèles en hôtels de sacrifice, de Gran Plaza en place de pelote.

Un peu comme dans le Chiapas, à Palenque, nous nous baladons dans la forêt tropicale humide. Nous avons la chance d’observer des singes hurleurs et araignées, des paons royaux, des agoutis, plusieurs oiseaux magnifiques et pour la première fois : des toucans, dont certains royaux, ainsi qu’un groupe de pizotes, animal inconnu de nous jusqu’ici. Les enfants sont ravis, les grands aussi.

Au terme d’une journée de randonnée tranquille et d’escalades musclées des raides pyramides, nous regagnons l’hôtel en bord de lac pour quelques plongeons rafraichissants ainsi qu’un Cuba Libre relaxant.

Jour de rentrée.

Pas de Cned aujourd’hui, mais récupération et rangement.

De toutes les façons, nous n’avons pas reçus les cours. Le rectorat bloque toujours notre autorisation nécessaire à une scolarisation « normale ». Nous devrons composer dans un premier temps avec les cours en ligne, fort bien fait d’ailleurs.

Kafka n’a rien inventé.

Le tour du Guatemala côte ouest : et si c’était à refaire ?

Nous irions sans hésiter visiter : l’antique citée d’Antigua, le village de San Pedro au bord du lac Atitlan, San Francisco en Alto au lever du jour quand les rues noyées dans le brouillard cachent leurs vendeurs de fruits, de viande ou de vêtements de contrefaçons, Momostenango pour la balade dans la montagne que cela implique, Zunil rien que pour le lodge.

Nous logerions à nouveau aux Cumbres à Zunil, au San Pedro a Antigua, au Capri juste à côté de la gare de bus Litegua de Guatemala City, mais surement pas à la Casa Argentina de Quetzaltenango.
Nous mangerions à nouveau en face de l’hotel Capri, chez la mama nicaraguaienne. Au Cumbres aussi, mais pour le reste nous débusquerions une gargotte au milieu du marché aussi souvent que possible.

Nous gravirions à nouveau les volcans San Pedro pour la vue, Santiaguito pour le spectacle et Pacaya pour les chamallows. Nous dévalerions à nouveau les tyroliennes de la Finca Vuelo Extremo. Nous consacrerions peut-être une journée à nous amuser dans un parc d’attraction local sûrement très bien. Nous visiterions une plantation de café lors de la récolte, mais nous serions alors entre novembre et février.

En revanche nous n’irions pas au bord du Pacifique préférant consacrer plus de temps aux hautes terres et notamment, nous irions à Todos Santos. Nous ne visiterions pas non plus le Paseo de los Museos, sans aucun interêt, à Antigua.

Pour finir, nous n’irions pas visiter les musées de la capitale, pourtant très attractifs, un lundi… Jour de fermeture !

Pacaya : la sortie groupée.

Désormais à pied, nous avons réservé des places dans un taxi collectif pour aller gravir le volcan Pacaya non loin d’Antigua.

6h, nous embarquons dans un shuttle avec un couple de canadien, trois mexicains et une famille guatémaltèque.
6h04, Keliane inonde, lors d’un changement de couche express mais mouvementé(merci les rues pavées), la banquette arrière du mini-van. Dans l’agitation, nous perdons une de ses chaussette, c’est ballot pour randonner par moins de 15°. C’est un premier change loupé mais ce n’est qu’un commencement. A mi-parcours, lors d’un discours complet mais longuet du guide José, elle fera à nouveau abondamment sur la jambe de son papa adoré mais, du coup, mouillé!
7h30, point de pleurs ni de cris, fini les trop tôt ou trop tard, trop chaud ou trop froid, trop haut(le volcan) ou trop bas(le départ), trop faim ou trop mal au ventre. Place à la montée laborieuse, silencieuse, en tête de groupe mais sans le distancer… Nos grands sont comme transformés par la présence étrangère : le groupe.
9h30, nous sommes au sommet de notre ascension. Au milieu d’une coulée, le chemin est barré pour raison de sécurité. José le guide sort de son sac quelques chamallows à faire griller sur la lave à nos
pieds. Le paysage est lunaire, il n’y a que lave et fumerolles à la ronde. Les chamallows sont excellents.
10h30, de Mamie et Keli’, qui l’emportera ? À la montée, les deux avaient capitulées à la descente rien n’est joué… Le match est serré mais Keli’, en grande princesse qu’elle est, laisse sont aînée la distancer à quelques mètres de l’arrivée, lors d’un dernier arrêt « découverte de la flore ».

Car les volcans, la lave, les paysages incroyables et les chamallows grillés, la choupinette, elle s’en moque. Ce qui l’intéresse elle, c’est les chiens(en nombre), les chevaux(qui nous accompagnent pour essayer de nous vendre un service de taxi pour monter) et les fleurs… Ah, les fleurs !

Antigua : la fin d’un monde.

Débarqués à Saint-Domingue, les découvreurs du nouveau monde ont bientôt colonisé Cuba, le Mexique, l’Amérique Centrale puis l’Amérique du Sud… Et c’est à Antigua Guatemala qu’ils avaient établi le commandement général de ce vaste pillage, de ce carnage culturel. Plusieurs siècles et quelques séismes plus tard, la ville nous apparaît bien plus propre et policée que par le passé.


Caméras de surveillance et QG vigilant, policiers armés et connectés à chaque angle de rue, commando d’intervention dépêché au moindre écart de conduite. L’ex-capitale n’a plus grand chose de Guatémaltèque, sauf peut-être les mayas, laissés pour compte dans leur propre pays. Ils sont ici réduits à commercer sous le poncho quelques articles artisanaux, à des prix incroyablement bas, pour échapper aux salaires illégaux qu’on leur offre dans les plantations de sucre ou de café alentours. Bien évidemment, le Quetzal national n’a plus cours ici, le dollars est roi.

Lors des nombreux tremblements de terre les églises se sont presque toutes effondrées, mais la domination espagnole, elle, n’a pas vacillée!


Il existe cependant a Antigua de magnifiques endroits pour visiter, découvrir, photographier, loger ou manger. Nous y passons donc 4 jours très agréables, dans un château que nous partageons avec son avenant personnel et c’est tout, bien mieux qu’a la maison!