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Kite Surf ou Funboard : extrait du livre de bord de Boris

1er jour :
A midi nous mangeons rapidement pour nous présenter à l’heure au Kite… il y a trop de vent et Eliott ne pourra donc pas en faire, je prend sa place ou plutôt sa tasse !

Le moniteur Yohan, très sympa, nous met rapidement en confiance avec le matériel puis nous rejoignons le site du « lagon » sur une barque locale, propulsé par un 40cv Yamaha. Puissance bien nécessaire pour faire face aux 30kn établis et au fort clapot induit. Au milieu de la baie de Fort de France, autant dire au milieu de nulle part car ladite baie fait 6km de large, il y a un haut-fond de 50cm : l’endroit parfait pour découvrir le Kite, les pieds dans l’eau et la tête dans les nuages.

Pendant 3 heures, je découvre ce que l’expression « boire la tasse » recèle comme variantes et manque de me noyer à plusieurs reprises. La maîtrise du cerf-volant n’est pas suffisante pour planer immédiatement, il faut en plus contrôler la planche et c’est là que les bactéries attaquent.

Je sors parfois lourdement mon corps trop rigide de l’eau, mais c’est pour y retomber immédiatement. Soit projeté en avant par un surcroît de puissance mal gérée, tracté bouche ouverte à pleine vitesse pendant que mon estomac se remplit de toute l’eau de l’océan. Soit, dans un dérapage incontrôlé, je percute l’eau sur le dos, naseaux grands ouverts, le circuit d’eau sous pression me permet alors de ressentir toute la complexité de mon système rhino.
Bref, le bord de kite ce ne sera pas pour cette fois et je me réinscrit pour lundi. Il va bien falloir que j’y arrive.

Au bateau, je suis vanné.

2ème jour :
Remonté à bloc je salue Yoan, chausse mon équipement et me lance dans la session de Kite dont le but est de réussir à sortir de l’eau.
Incroyablement, chausser la planche devient facile, boire toute l’eau de l’océan tout en continuant à régler sa voile, une évidence.
Du coup je sors rapidement la tête de l’eau, puis les fesses… ça y est, je plane… un peu et VLAN : la vautre !
Une belle frontale tractée les yeux grands ouverts, je découvre sous pression mon système oculaire : les yeux sont ronds, c’est sûr, car on peut en faire le tour, comme la terre.

Quelques vols planés plus loin, je plane bien et me plante de moins en moins. Quelques erreurs de bases me font prendre quelques mètres de hauteur « mais l’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage », systématiquement violent.

Au sortir de l’eau, je suis rassuré, encore capable d’apprendre un sport « débile » rapidement sans trop me faire mal. Les gars du club aussi semblent dire que planer en 2 jours n’est pas chose courante. Yoan est un peu déçu quand je me renseigne pour du matos de planche… il pensait que j’avais accroché.

En fait, il y a dans ce sport un parfum de parapente et de puissance incontrôlable. Ajoutez à cela un zeste de manque d’autonomie, du moins sur une côte sous le vent où il faut un bateau sécurité, c’est sûr. Et vous obtenez un sport sûrement très rigolo, probablement assez accidentogène nécessitant la veille attentive d’un adulte.
Pas trop adapté à notre situation de tour du mondistes que Nicolas Fouillet appelle : les naufragés du Bounty !

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